À 20 mois, un enfant peut encore avancer à tâtons, hésiter à lâcher les meubles, ou même refuser tout net de franchir le pas sans une main rassurante. Rien d’anormal dans la majorité des cas : le développement moteur suit parfois un rythme singulier, propre à chaque petit. Pourtant, il arrive que ce retard de la marche ne soit pas qu’une variation de la norme. Certains signaux méritent qu’on s’y attarde, car ils peuvent traduire une difficulté médicale sous-jacente. Pas question de céder à la panique, mais rester attentif ouvre la voie à une prise en charge adaptée, capable de préserver l’autonomie et le plaisir d’évoluer de l’enfant.
Reconnaître les signes d’un trouble de la marche à 20 mois : ce qui doit alerter
À cet âge, la marche chez l’enfant prend normalement de l’assurance : équilibre mieux tenu, appui au sol plus franc. Pourtant, certains éléments doivent attirer l’attention, d’autant plus si le retard de la marche s’accompagne d’autres signes sur le plan psychomoteur. Regardez comment votre enfant pose ses pieds : une forte rotation vers l’intérieur ou l’extérieur, des difficultés à rester debout sans soutien, une démarche qui reste vacillante… Ces observations ouvrent la porte à une vigilance accrue.
Voici les situations à ne pas banaliser :
- Absence de marche autonome après 18-20 mois
- Chutes répétées, démarche qui tire d’un côté ou traîne
- Refus tenace de se mettre debout, besoin constant d’un appui
- Troubles associés : membres anormalement raides ou, à l’inverse, très mous, manifestation de douleurs lors de certains mouvements
Un pied plat isolé, à cet âge, n’explique presque jamais un retard de marche. Mais des jambes très arquées (genu varum) ou en X (genu valgum) appellent à vérifier l’absence d’un problème orthopédique plus sérieux. Plus rarement, un trouble neurologique se révèle par une marche qui tarde, une instabilité tenace ou des mouvements atypiques des membres inférieurs.
Le contexte familial ne doit pas être oublié, tout comme la prématurité, qui joue parfois un rôle dans la lenteur de l’acquisition. Lorsque la marche n’est toujours pas acquise à 20 mois, ou si la démarche reste franchement inhabituelle, une consultation s’impose. À Paris comme ailleurs, certains centres permettent des bilans pluridisciplinaires pour affiner le diagnostic et le suivi.
Pourquoi un enfant de 20 mois peut-il rencontrer des difficultés pour marcher ?
À 20 mois, la capacité à marcher seul dépend de la maturité du système nerveux, de la coordination et du tonus musculaire des jambes. Plusieurs éléments peuvent interférer avec ce processus, depuis des variations bénignes jusqu’à des causes médicales avérées.
Les situations suivantes reviennent fréquemment :
- La prématurité ou un retard global du développement peut expliquer une progression plus lente.
- L’hypotonie, c’est-à-dire un manque de tonus, ou au contraire une raideur excessive, peuvent gêner la verticalisation.
- Des rotations internes ou externes marquées des jambes, parfois dues à une torsion tibiale ou à un pied varus, modifient la stabilité aux premiers pas.
- Des déformations orthopédiques comme le genu varum ou le genu valgum impactent la dynamique de la marche et favorisent les chutes.
- Côté neurologique, des troubles comme la paralysie cérébrale peuvent entraîner hypotonie ou raideur, et retarder l’acquisition de la marche autonome.
- Les troubles sensoriels, visuels ou auditifs, perturbent parfois la perception de l’espace et l’équilibre.
L’environnement familial n’est pas neutre. Un enfant peu sollicité, contenu trop souvent ou rarement laissé explorer, progresse généralement moins vite. Le médecin, à travers l’examen clinique, cherchera à faire la part des choses entre un simple décalage et une cause pathologique.
Conseils pratiques et démarches rassurantes pour accompagner son enfant au quotidien
Pour aider un enfant de 20 mois qui peine à marcher, il faut avant tout poser un regard attentif, sans précipiter les choses. Laisser l’enfant évoluer à son rythme, explorer librement, ramper, se lever et retomber, fait partie de l’apprentissage. La motricité libre permet à l’enfant d’expérimenter, de découvrir son corps et ses appuis, sans pression.
Vous pouvez encourager la stimulation sensorielle : marcher pieds nus sur différents sols, toucher, manipuler des objets de formes et textures variées. Cela favorise la conscience corporelle et renforce l’équilibre.
Des chaussures souples, bien ajustées, soutiennent la marche sans contraindre le mouvement naturel. À l’inverse, trotteurs et youplas sont à proscrire : ils ne préviennent pas les retards et augmentent le risque de chute. Un chariot de marche, s’il est stable et utilisé sous surveillance, peut accompagner les premiers pas.
En cas de doute, le pédiatre reste le premier référent. Selon la situation, il peut recommander un bilan postural en podologie ou orienter vers la kinésithérapie. Parfois, le recours à un psychomotricien, un ostéopathe ou un chirurgien orthopédique se justifie.
Enfin, la dynamique familiale joue un rôle stimulant : frères et sœurs, parents présents et un environnement sécurisé favorisent la confiance. Restez présent, encouragez, mais laissez l’enfant prendre le temps de s’approprier chaque étape. La patience, alliée à un regard attentif, offre à l’enfant les meilleures chances de franchir ce cap du développement psychomoteur en toute sérénité.
Un jour, le pas hésitant devient course effrénée. Derrière chaque chute, parfois, se cache une victoire discrète. L’accompagnement, c’est aussi cela : savoir observer, soutenir, et applaudir les progrès, qu’ils soient fulgurants ou discrets.


